« Vers un sport pleinement inclusif pour les personnes LGBTQIA+ en Fédération Wallonie-Bruxelles » – Retour sur la conférence BGS × Sport et Citoyenneté
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8 septembre 2026

« Vers un sport pleinement inclusif pour les personnes LGBTQIA+ en Fédération Wallonie-Bruxelles » – Retour sur la conférence BGS × Sport et Citoyenneté

Vendredi 28 août, Sport et Citoyenneté et Brussels Gay Sports ont organisé la conférence « Vers un sport pleinement inclusif pour les personnes LGBTQIA+ en Fédération Wallonie-Bruxelles », dans le cadre d’un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Modérée par Jeanne Delval, cheffe de projets européens à Sport et Citoyenneté, l’évènement fut une belle façon de lancer la 26ème édition des Brussels Games, et l’occasion de mettre en valeur le travail d’acteur·ices engagé·es pour faire du sport belge un espace dans lequel tous·tes peuvent trouver leur place.

Le Partenariat BGS × Sport et Citoyenneté

Après une adresse de Mme Ben Hamou, Echevine de la Culture, du Logement, du Tourisme et de l’Egalité des Chances de la Ville de Bruxelles, Damien Frébutte, président de Brussels Gay Sports (BGS), a présenté le projet, rappelant ainsi ses objectifs :

  • identifier les structures sportives et acteur·ices engagé·es pour assurer la sécurité et l’inclusion des personnes LGBTQIA+ ;
  • faire connaître les bonnes pratiques et organisations dites « safe » ;
  • faire dialoguer organisations sportives et associations LGBTQIA+ ;
  • formuler des recommandations pour développer l’inclusivité des activités sportives.

Adrien Panzer, administrateur du BGS, a ensuite présenté les premiers résultats de cette phase d’étude visant à identifier les pratiques inclusives dans le sport organisé en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il en ressort que, sur les 189 retours reçus à ce jour, l’inclusivité reste loin d’être la norme et que les discriminations envers les personnes ayant des caractéristiques dites « minoritaires » persistent. L’étude relève néanmoins de bonnes pratiques, telles que la mixité, une communication adaptée, un référencement clair des ressources, des mécanismes de signalement ou encore la formation du personnel et des membres. L’apprentissage principal est que la responsabilité de l’inclusion doit être portée par les organisations, et non reposer sur les personnes LGBTQIA+ elles-mêmes, cette responsabilité étant incarnée au quotidien par des figures clefs comme les coachs. Si vous souhaitez contribuer à cette étude, il est encore possible de répondre au questionnaire ici.

Mais qu’est-ce qu’une organisation sportive « inclusive » des personnes LGBTQIA+ ?

Dans une première table ronde, Raphaëlle Wats, hockeyeuse du Lara Hockey Club de Wavre, Victoria Gilles, responsable du pôle étude et plaidoyer à la Fédération Prisme et Alexandre M. Ansault, vice-président de la Fédération Sportive LGBT+ en France, ont échangé sur les notions d’inclusion et d’inclusivité. Au-delà d’une simple communication sur le sujet ou d’actions ponctuelles, l’inclusion doit faire partie intégrante de la culture du club pour que ses activités le soient réellement. Ceci n’est pas une question de moyens, mais bien de priorité accordée à cet enjeu. Lieu privilégié d’éducation et de socialisation, l’environnement sportif constitue un espace d’action essentiel pour faire évoluer les mentalités. Mais, comme l’a souligné Raphaëlle Wats, lorsque ce cadre est traversé par des pratiques discriminantes, les pratiquant·es peuvent se retrouver exclu·es, démotivé·es, allant parfois jusqu’à abandonner leur pratique.

S’appuyant sur l’étude menée par la Fédération Prisme, Victoria Gilles a mis en avant plusieurs bonnes pratiques permettant de renforcer l’inclusivité du sport, parmi lesquelles la formation des coachs, entraîneur·euses et dirigeant·es, la désignation d’une personne référente, ainsi que la mise en place de dispositifs de signalement et de mécanismes de sanction clairs pour toute personne, y compris les parents, contribuant à rendre l’environnement sportif moins sûr. Alexandre M. Ansault a quant à lui partagé des enseignements tirés de son expérience au sein de la Fédération LGBT+ et du Tournoi International de Paris, qui rassemble environ 3 500 sportif·ves à chaque édition. Il a notamment souligné l’importance d’interroger les participant·es lors des événements sportifs afin d’identifier les forces et faiblesses de l’organisation et de s’améliorer d’une édition à l’autre. Il a également rappelé que l’inclusion doit se penser au-delà du terrain, les déplacements dans l’espace public et les interactions avec les services municipaux ou la police faisant pleinement partie de l’expérience sportive.

L’exemple d’une structure engagée : Le Panathlon Wallonie-Bruxelles

Lors d’une keynote, M. Kolë Gjeloshaj, président du Panathlon Wallonie-Bruxelles, a ensuite présenté son organisation et les activités menées pour promouvoir le fair play dans le sport et la mobilisation du sport comme outil d’éducation et de citoyenneté.

Si leurs activités ne portent pas directement sur l’inclusion des personnes LGBTQIA+, le Panathlon peut servir d’inspiration par les solutions « clefs en main » qu’iels proposent aux organisations sportives. En réaction aux échanges de la première table ronde, notamment au témoignage de Raphaëlle Wats, M. Gjeloshaj a également insisté sur la nécessité de connecter les organisations LGBTQIA+ aux réseaux sportifs internationaux et de faire front commun dans la lutte contre les discriminations.

Une fois l’inclusion définie : comment s’engager ?

Dans le but d’inspirer la mise en place de bonnes pratiques et faire connaître les solutions disponibles aux structures sportives en Fédération Wallonie-Bruxelles, la deuxième table ronde réunissait Marine Poliart, responsable Wallonie, à Younited Belgium,  Benoît Dormal, manager au Ixelles Hockey Club et Abigaël Lucas, référente égalité et diversité de l’ADEPS.

Là encore, de nombreuses activités déjà organisées par Younited et le Ixelles Hockey Club pouvant servir de sources d’inspiration pour les clubs qui veulent s’engager ont été mises en avant, comme :

  • La formation obligatoire des coachs, arbitres, bénévoles, et l’adoption d’une charte des coachs ;
  • La possibilité pour les pratiquant·es de rejoindre l’équipe de leur choix et de se référer à des personnes de confiance dans l’organisation en cas d’abus ;
  • L’instauration de deux « troisième vestiaire », pour les personnes n’étant à l’aise ni dans le vestiaire homme ni dans celui femme ;
  • L’accueil au sein du club d’une équipe LGBTQIA+ et la mise à disposition des infrastructures ;
  • L’ouverture de discussions avec les responsables de la direction de son club sur l’importance de l’inclusion et de comment elle s’incarne concrètement ;
  • Le partenariat avec des associations LGBTQIA+ comme Prisme, la Fondation Ihsane Jarfi ou BGS, notamment pour la sensibilisation lors d’évènements sportifs.

Pour l’ADEPS, Abigaël Lucas a décrit le rôle de soutien que joue l’administration dans le cadre d’une stratégie coordonnée. Entre accompagnement des clubs dans leurs initiatives, participation à des projets européens, formations et création d’outils destinés aux clubs, centres sportifs locaux et centres ADEPS, la structure opèrent de nombreuses missions qui permettent de faire progresser la question en FWB.

Que retenir ?

Les principales leçons de ces échanges sont les suivantes :

  • L’inclusion doit être incarnée de manière structurelle et non se limiter à des actions isolées.
  • C’est aux responsables des organisations sportives de se saisir du sujet et de bâtir une stratégie cohérente, en consultation avec les personnes concernées.
  • Parmi les nombreuses pratiques possibles, la formation reste essentielle. Elle doit concerner toutes les personnes qui font vivre le club (équipe de direction, coachs, bénévoles, pratiquant·es, public, parents…).
  • Ces efforts doivent permettre à chacun·e de se sentir accueilli·e et de pratiquer le sport de son choix, y compris lors de moments charnières comme l’adolescence ou la fin de la carrière professionnelle.
  • A moyen terme, l’objectif est donc de faire de l’identité LGBTQIA+ un non-sujet au sein du club, grâce à une structure proactive sur l’inclusivité.
  • L’inclusivité doit être pensée dans une approche intersectionnelle, qui prend en compte l’ensemble des discriminations qu’une personne peut subir, ainsi que la manière dont elles peuvent se renforcer entre elles.

Sport et Citoyenneté et Brussels Gay Sports s’associent pour remercier tous·tes les intervenant·es pour leurs contributions et engagement pour faire du sport en Fédération Wallonie-Bruxelles un espace sûr et bienveillant, ainsi que la Ville de Bruxelles ayant accueilli la conférence, le public et les interprètes qui ont permis l’accès de l’évènement aux personnes anglophones et néerlandophones.

Crédit photographies : Didier Reynaud – Quai Solaris – @didou_futura sur Instagram – www.quai-solaris.be

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