Retour sur la conférence de la présidence irlandaise consacrée aux sports et jeux traditionnels 
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2 octobre 2026

Retour sur la conférence de la présidence irlandaise consacrée aux sports et jeux traditionnels 

Le 22 septembre, la présidence irlandaise du Conseil de l’UE a réuni à Croke Park, le site sportif le plus emblématique d’Irlande, une conférence dédiée aux sports et jeux traditionnels (SJT). La conférence a rassemblé des acteurs irlandais et européens autour du thème prioritaire de la présidence, qui donnera lieu à des conclusions du Conseil. 

Les sports traditionnels, vecteurs d’identité et de cohésion 

Charlie McConalogue, secrétaire d’État irlandais chargé des sports et des services postaux, et Shane Flanagan, directeur de l’entraînement et du développement des jeux à la GAA, ont d’emblée souligné le caractère singulier des sports et jeux traditionnels. Ceux-ci nous permettent de renouer avec nos racines et nous ancrent inévitablement dans notre histoire comme dans notre identité. Or, c’est précisément la richesse de ces identités qui fonde notre appartenance commune à l’Europe. 

Les deux orateurs ont également insisté sur le pouvoir de ces événements de faire naître un sentiment d’appartenance et de resserrer les liens au sein de la communauté. Shane Flanagan a en outre rappelé que le sport offre des retombées considérables, tant sur le plan économique, par les recettes directes qu’il génère, que sur le plan sociétal, en matière de santé et de bien-être. Si les SJT présentent leurs spécificités propres, ces bénéfices ne leur sont pas exclusifs puisqu’on les retrouve dans tous les pays et dans toutes les disciplines. Cette conviction est au cœur de l’engagement de notre think tank. 

Sports traditionnels : un pont entre les cultures européennes 

Autour d’une première table ronde, Paul McDermott, directeur de la haute performance et des fédérations nationales à Sport Ireland, Jacqueline Kronenburg, vice-présidente de TAFISA pour l’Europe, et Chris Collins, responsable des opérations de Gaelic Games Europe, ont confronté leurs points de vue sur la place et le potentiel de ces disciplines sur le continent. 

Les trois intervenants ont mis en lumière une opportunité singulière : le développement des SJT peut aider les Européens installés à l’étranger à retrouver un sentiment d’appartenance et à oublier le mal du pays, tout en renforçant l’identité européenne, en offrant à leurs concitoyens l’occasion de découvrir d’autres cultures. Les projets Erasmus+ qui soutiennent cette dynamique ont, eux aussi, été salués comme un excellent vecteur de partage de la culture, des connaissances et des expériences. 

Inclusion sociale et handicap dans le sport : façonner des politiques réellement inclusives  

Une seconde table ronde a rassemblé Brenda O’Donnell, directrice générale d’Active Disability Ireland, Ger McTavish, responsable des questions de handicap dans le sport à Sport Ireland, et Neasa Russell, directrice des opérations de Paralympics Ireland. Les intervenantes y ont présenté les actions entreprises par leurs organisations respectives en faveur de l’inclusion. 

Si des événements tels que les Jeux paralympiques augmentent indéniablement la visibilité sur ces sujets, ils ne peuvent être pleinement efficaces sans moyens suffisants, qu’il s’agisse de ressources humaines, d’infrastructures ou de bénévoles. Elles ont exhorté les pouvoirs publics à intégrer l’inclusion, dans les actes comme dans les mots, à l’ensemble de leurs politiques. Enfin, elles ont rappelé que leurs structures élaborent leurs stratégies de concert, un choix qui gagne en efficacité et fait émerger plus facilement des idées nouvelles. 

Le sport comme levier diplomatique et porteur d’investissement durable  

Patrick O’Donovan, ministre des Arts, des Médias, des Communications, de la Culture et des Sports, a profité de cette rencontre transnationale pour souligner l’importance croissante de la diplomatie sportive, un levier qui, dans le contexte géopolitique actuel, peut se révéler particulièrement précieux. 

Il a également plaidé pour un investissement durable dans le sport, même lorsque les bénéfices tardent à se manifester. Face à la sédentarité et à l’emprise des écrans, le sport et la culture restent, selon lui, la meilleure parade.  

Eurobaromètre : les Européens bougent plus, mais l’inactivité persiste  

Sarah Lynch, directrice adjointe de l’unité « Sport » de la Commission européenne, a ensuite présenté les résultats du nouvel Eurobaromètre consacré au sport et à l’activité physique. Si les Européens sont globalement plus nombreux à pratiquer une activité, de 55 % en 2022 à 61 % en 2026, l’inactivité demeure toutefois préoccupante, puisqu’elle touche encore 39 % des personnes interrogées. Celles qui font du sport le font autant pour leur santé mentale que pour leur santé physique, tandis que celles qui n’en font pas invoquent avant tout le manque de temps. Par ailleurs, 84 % des répondants estiment qu’il faut davantage de femmes dans le sport. Autant d’éléments précieux qui orienteront notre action et serviront de boussole à nos projets futurs. 

Vieillissement et sédentarité : le sport face au défi démographique  

La dernière table ronde réunissait le Dr Peter Horgan, coauteur du rapport démographique de la GAA, Benny Cullen, directeur de la recherche et de l’évaluation à Sport Ireland, et Andrea Gallelli, d’Eurostat. Elle s’est penchée sur les mutations démographiques que connaît l’Europe. 

Les participants ont rappelé que le vieillissement de la population pèsera de plus en plus lourd sur le système de santé et menacera également le bénévolat, souvent lié à la vie de famille. Ils ont aussi insisté sur la nécessité d’amener à la pratique sportive les 16-29 ans, la tranche d’âge la plus touchée par la sédentarité liée au temps passé devant les écrans. Investir dès maintenant dans cette génération accroît ses chances de rester active tout au long de sa vie : c’est le placement le plus rentable à long terme. Le panel a enfin souligné l’intérêt du sport comme outil d’inclusion des personnes immigrées, une approche au cœur de notre travail, notamment à travers le projet PLAYER, actuellement financé par Erasmus+.+. 

Points clés à retenir :  

  • Bien plus qu’un héritage, les sports et jeux traditionnels sont une force vive qui façonne l’identité européenne, relie les diasporas et nourrit le dialogue des cultures, en particulier à travers Erasmus+. 
  • L’inclusion nécessite des ressources pérennes et des politiques conçues, dès le départ, avec un vocabulaire et des pratiques qui n’excluent personne. 
  • La diplomatie sportive s’affirme comme un véritable instrument politique, dont l’importance grandit dans le contexte géopolitique actuel. 
  • Le nouvel Eurobaromètre confirme la progression de la pratique sportive, mais avec plus d’un tiers des Européens toujours inactifs, un effort d’investissement plus soutenu s’impose. 
  • Face aux mutations démographiques, il faut recentrer les efforts sur les 16-29 ans, chez qui un investissement précoce offre les meilleurs rendements à long terme, tout en préservant l’avenir du bénévolat. 
  • Tous les panels ont insisté sur les retombées du sport, qu’elles soient économiques, sociales ou sanitaires. Encore faut-il de la patience et un engagement politique durable pour qu’elles se concrétisent. 

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